Entretenir une selle en cuir : la routine d’un sellier, étape par étape

Une selle en cuir est un investissement qui se compte en milliers d’euros et qui, bien tenu, dure plus longtemps que le cheval pour lequel on l’a achetée. Le cuir est une peau : il se dessèche, il boit, il moisit, il s’use là où il frotte. L’entretien consiste à contrarier ces quatre choses, dans cet ordre : nettoyer, nourrir, sécher, ranger.
1. Nettoyer
Après chaque séance, un chiffon sec ou à peine humide sur les quartiers et le siège enlève la sueur et la poussière avant qu’elles ne s’incrustent. La sueur du cheval est salée et acide ; laissée sur les petits quartiers et les contre-sanglons, elle raidit et fragilise le cuir en quelques semaines.
Une fois par semaine pour une selle utilisée tous les jours, une fois par mois pour un usage occasionnel, on passe au nettoyage complet : savon glycériné ou savon spécial cuir sur une éponge essorée, par petites zones, sans mousse excessive et sans détremper. On insiste sous les quartiers, sur les contre-sanglons et sur les étrivières, qu’on retire pour l’occasion. On essuie au chiffon propre et on laisse respirer.
2. Nourrir
Le cuir nettoyé a perdu un peu de ses huiles ; on les lui rend avec un baume ou une crème pour cuir, en couche fine, au chiffon, puis on lustre une fois le produit absorbé. Deux erreurs classiques :
- trop de graisse. Une selle qui brille de gras n’est pas mieux protégée : les pores sont bouchés, la poussière colle, le cuir ramollit et les coutures finissent par glisser. Un cuir bien nourri est souple et mat ;
- le mauvais produit. Les huiles pures, comme l’huile de pied de bœuf, assouplissent beaucoup et foncent le cuir de façon irréversible ; on les réserve à un cuir neuf très raide, ou à un cuir très sec, avec parcimonie. Les produits ménagers, silicones et cirages pour chaussures n’ont rien à faire sur une selle.
Les baumes et savons fabriqués par nos ateliers sont réunis dans le rayon soins.
3. Sécher
Une selle mouillée par la pluie sèche à température ambiante, sur son support, loin de tout radiateur ou soleil direct. Elle mettra une nuit ; on la nourrit ensuite, jamais avant. La chaleur directe est ce qui craque un cuir le plus sûrement.
4. Ranger
Sur un porte-selle, jamais posée sur le pommeau ni sur une barrière étroite qui marque le siège. Une housse en tissu respirant la protège de la poussière ; une housse plastique retient l’humidité et favorise la moisissure. Le local doit être sec et aéré : une sellerie humide couvre les cuirs de moisissure en une saison. Notre article ranger son matériel d’équitation détaille l’organisation d’une sellerie saine.
Ce qu’un sellier vérifie une fois par an
L’entretien courant ne remplace pas une révision : contre-sanglons usés ou déchirés, coutures du siège, matelassures tassées ou asymétriques, arçon intact. Ces points se contrôlent à l’atelier, et les matelassures se regarnissent. C’est aussi le moment de vérifier que la selle convient toujours au dos du cheval, qui change avec l’âge et le travail : nos guides ma selle est-elle adaptée à mon cheval ? et bien positionner sa selle donnent les repères. Et pour une nouvelle selle faite en France, le rayon selles réunit celles de nos ateliers.
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